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MAYUMBA




            G.B.T. suite .....



MAYUMBA

 

Ce nom est resté mythique pour moi depuis qu'on m'en avait parlé à l'époque comme d'un endroit difficilement accessible ( ce qui suffit à éveiller ma curiosité ) mais d'une beauté somptueuse.

 






L'arrivée sur la lagune et la traversée par le bac initient à ce petit bout du monde.

 







Mais Mayumba est une ville désertée, nous nous en apercevrons dès la descente du bac, maisons abandonnées, quelques commerces habituels tenus par des africains de l'ouest ( souvent maliens ou mauritaniens et musulmans donc pas de bières chez eux), probablements d'anciennes villas de cadres pétroliers lorsque Mayumba a connu ses heures de gloire, un aéroport et un grand hôtel en friche, une ambiance de west-end.

Nous chercherons longtemps la piste qui mène au parc national de Mayumba et quand enfin nous l'aurons trouvée, elle se révèlera extrèmement sablonneuse et je connaîtrai mon premier enlisement depuis la Mauritanie dans un sable très fin. Il suffit de dégonfler au maximum et ça repart. Nous n'aurons que l'embarras du choix pour le bivouac, seuls dans la savane entre lagune et mer.

 




                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                          Mais le parc est encore loin et nous avançons lentement et le lendemain après une baignade dans l'océan on decide de rebrousser chemin car mon autre objectif est d'atteindre Sette cama par la piste mais jene sais pas si c'est vraiment réalisable et combien de temps çela nous prendra. Il faut reprendre la direction de Tchibanga et au PK 30 à Panga trouver une petite piste à gauche qui devrait nous y mener.







Au bout de 15 kms, la route s'arrête devant un pont en construction mais un petit bac manuel nous permettra de traverser la rivière. Deux ouvriers du pont feront la manoeuvre, une grosse corde d'un côté servant à la traction du bac, une "ligne de vie" de l'autre côté assurant la direction. Au retour, nous exécuterons l'opération nous même qui restera un souvenir épique de notre aventure.

 

La nuit est déjà tombée et nous organisons le bivouac à la hâte, nous mettant à l'écart des traces de passage d'éléphants afin d'éviter tout réveil nocturne intempestif.

 

Après une nuit calme, nous repartons. Le paysage est magnifique. On entend le bruit des vagues derrière l'étroite forêt qui borde l'océan, on déchiffre les pistes de sable  dans cette savane sèche qui longe sur notre droite le parc de Moukalaba.  










Un autre pick-up land cruiser conduit par un burkinabé qui trafique par là nous propose de le suivre pour éviter les pièges de cette piste encore humide par endroits où l'on s'enfonce dans du sable très fin à d'autres.

 












Un nouveau bras du fleuve nous arrête. Deux voitures peuvent s'y coller en tout et pour tout. Mais la traversée n'est pas directe et nous effectuons notre première croisière motorisée propulsée par un poussif moteur de 40 CV. Sur les rives, papyrus et palétuviers alternent avec la forêt. On nous remet des gilets de sauvetage qui ne ne gâcheront pas l'immense plaisir du parcours. Vingt minutes plus tard, nous accostons à côté d'un porte-container à Mayonami, quelques cases et port d'embarquement de SHELL qui a tracé une magnifique route goudronnée de 50 kms, incongrue dans ce paysage, jusqu'à Gamba qui est LA cité SHELL.






Comme ailleurs, le pétrolier a redessiné l'environnement, pistes, petite ville où s'empressent commerçants et travailleurs venus de tous les pays d'Afrique, cité résidentielle des cadres à l'écart, oléoducs sillonant la savane.

 

Nous continuons, laissant derrière nous les champs pétroliers. La piste est à nouveau difficile et sablonneuse mais encore plus sauvage et plus belle. Après plusieurs tentatives, on trouve enfin une éclaircie dans la petite bande forestière et l'on s'arrête sur une petite clairière de sable, à la lisière  des palmiers. La mer est toute proche.

 



Je menais une vie agréable. Mais dans ses moments de faiblesse, elle hésitait entre une morne quiétude et une résignation consentie. Le temps passait alors sans moi sans que je n’imprime mes pas dans l’instant. Sur la plage de Sette Cama, les empreintes de mes pas croisaient celles d’un buffle qui était récemment passé par là, d’un singe – chimpanzé ou torcatus ? – d’un éléphant qui se dirigeait vers l’eau, d’oiseaux multiples.















Dans la lumière diaphane du coucher du soleil diffusée par les embruns, le sous-bois de notre campement prenait des teintes ocres, dans une espèce de décor anglais presque dramatique de branches cassées, d’arbustes tordus, d’ombres et de contre-jour. Les cris des perroquets emplissaient l’air de leurs notes discordantes et l’on pouvait les voir se chamailler dans les feuilages.



 

                                                    .

 


                                              Jamais bivouac ne fut plus harmonieux.


















                                      


                                     Et la juste et rare coïncidence de l’être et de l’instant atteignit des accents lyriques quand, le bivouac installé, à la tombée du jour, fraîchement posés dans nos fauteuils ou sur la natte, un troupeau de sept éléphants défila en file indienne pour nous en bord de plage, la maman en tête suivie de deux petits puis de deux ados plus inquiets et enfin de deux autres adultes fermant la marche. Nous nous tûmes instantanément, pour écouter, nous gorger de cette vision mais aussi pour ne pas les perturber, circonspects sur la direction que prendrait le troupeau. Enfin il disparut dans la pénombre et les feuillages.



 

Nous restâmes longtemps autour du feu ce soir là.

 





 

 

 

 

 

 

 

 




Sette Cama est un terminus, une longue bande de sable qu’un nouveau fleuve interrompt.

En voulant insister comme à mon habitude pour aller voir le plus loin possible, je finis par m’ensabler sur la plage. Les deux lodges sont fermés ( pour les vacances). Nous faisons halte au campement des eaux et forêts où l’on négocie une ballade en pirogue et un tour en forêt pour le lendemain.

 





Hippos dans la rivière, éléphant traversant la lagune, singes dans les arbres dont une maman chimpanzé et son petit, cette journée sera un enchantement.

 

















































































Après une dernière nuit dans notre bivouac de rêve, nous refaisons le trajet en sens inverse avec ses mémorables traversées en bac et ses pistes de sable fin.











                                                                                     Merci Sette Cama.

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